Etoile de mes rêves...

Quand l'ange devient démon... (histoire)

Une histoire que je suis actuellement en train d'écrire( comme quoi, ça occupe d'être insomniaque! ^^ mdr)

Chapitre 2

le 25/11/2007 à 11h54

Chapitre 2 : Retrouvailles.



 



         En me levant ce matin, j’étais un peu ailleurs… En fait, je dois avouer que j’étais troublée par mon aventure virtuelle de la nuit dernière. Du reste, je le suis toujours, c’est d’ailleurs pour cela que je me retrouve en cours sans savoir comment.


Je suis assise à côté de Sophie- fait étrange puisque j’évite tout contact avec quiconque. Cela ne me gêne pas vraiment, étant donné que nous sommes toutes deux de nature silencieuse…et si je n’étais pas ce que je suis, je serais heureuse de devenir son amie.


J’observe ma voisine du coin de l’œil. Son profil est grave et dépourvu de joie. Elle a l’air si triste et seule que j’ai envie de a faire rire. Sentant mon regard posé sur elle, elle tourne vers moi un sourire. Son visage est si doux et mélancolique à la fois que j’en ai presque envie de pleurer. Elle me fait vaguement penser à l’ange de mon rêve de part son caractère…


Les gens comme elle existent-il vraiment ?


Peut-être était-ce le message que je devais comprendre cette nuit… Le monde n’est pas tout noir ni tout blanc, mais il faut le sauver car il existe des gens bons qui méritent de vivre…



 



-         Vitra n’est pas là, me fait remarquer une douce voix.



 



Regard vers Sophie qui semble songeuse désormais. Je ne dis rien. Elle me regarde.



 



-         Il était bizarre hier… Tu lui as dit quelque chose ?



 



Le ton n’est pas accusateur, il ne me reproche rien, mais je trouve soudain ma voisine beaucoup moins sympathique. Je ressens de l’agacement, ce qui n’arrange rien, mais n’en montre rien :



 



-         Vitra ? Celui qui est arrivé en retard hier ? Pourquoi je lui aurais parlé, je ne la connais pas…


-         Ah oui, c’est vrai, murmura la douce Sophie, n peu gênée.



 



A dix-sept heures, à la fin des cours, m’attendait une surprise. Alors que je marchais vers la sortie, je vis, adossé au portail, un jeune homme roux, plus beau que nature, aux yeux railleurs. Toutes les filles qui passaient près de lui ne pouvaient s’empêcher de lui jeter un coup d’œil appréciateur, ce qui déclencha ma fierté.


Je me précipitai vers lui et me jetai dans les bras tendus qui m’attendaient.



 



-         Grand frère !



 



Je lui percutai la poitrine comme un boulet de canon. Un ronron bruyant monta de sa gorge, je lui fis signe de le taire. On nous observait et un homme ronronnant était des plus étonnant.


Tandis que nous rentrions à la maison, il me raconta son voyage en Italie :



 



-         Il faudrait que tu y ailles un jour, Téthys ! C’est un pays merveilleux…Il est –comment dire ?- magique, dit-il en s’exclafant. La plupart des légendes populaires sont réelles, c’est étonnant ! Par exemple, tu sais, la légende de Remus et Romulus, et bien elle est vraie ! J’ai rencontré la louve qui les a nourrit, elle est toujours en vie, du côté de Milan… Parait-il que Romulus vit quelque part en Sicile… Par contre, les italiens ne croient pas aux sphinx ! Des gens m’ont vu accidentellement lors d’une mission et m’ont pris pour un ange ! Un ange, tu te rends compte ?! Quelle bonne blague ! J’ai bien ris ce jour là avec Ludu ! Ah oui, je ne t’avais pas dit que Ludu était avec moi ! Il t’envoie ses salutations.



 



Ses paroles n’avaient plus de sens. Un mot avait frappé mes oreilles, balayant tous les autres. Pourquoi ? Pourquoi ce mot ?



 



-         Un…ange ?...


-         Hein ? Oui…bizarre, non ?rigola-t-il sans remarquer mon trouble.



 



Il repartit bientôt dans son récit que je n’écoutais plus.


Un ange… Depuis que j’avais fait ce rêve étrange, je n’arrêtais pas de trouver sur mon chemin des allusions à cette nuit là…lors de l’apparition de l’ange… Qu’est-ce que cela voulait dire ? Est-ce que je devais comprendre que les anges existent bel et bien ? Ce rêve était si…réel. Je sentais encore cette main fraîche sur mon visage, la caresse de ses cheveux sur mon front alors qu’il se penchait pour baiser mon front… Je ne comprenais pas… J’étais perdue. Alors que j’avais abandonné tout espoir en ce monde et que la mort était à la lisière de mon âme était intervenu ce rêve…et cela avait tout changé. Pourquoi ? Etais-je condamnée à errer désespérément ou bien avais-je une mission à accomplir ?



 



-         Phanès, tu crois que les anges existent ?



 



Nous étions à la maison désormais et nous posions nos manteaux dans l’entrée. Il rie légèrement, croyant à une plaisanterie de ma part. Lorsqu’il vit mon sérieux, il fronça les sourcils :



 



-         Les anges ? Voyons Téthys, ce sont des êtres mythiques !


-         Nous aussi…


-         …Oui, mais, il ouvrit la bouche, cherchant quelque chose à me répliquer, ne sachant quoi dire. Pourquoi me poses-tu cette question ?



 



Grillée. Contrer la question par une autre, bien réussit. Je haussai les épaules, disant par là que cela n’avait pas grande importance. Il oublia vite ma question et repartit sur un autre sujet qui était des plus délicat :



 



-         J’ai vu Kamon quand j’étais à Rome…



 



Le ton se voulait léger et je compris que mon frère compatissait à mon égard. Ma décision de ne plus tuer ayant accéléré mes fiançailles- fille inutile est bonne à marier-, ma vie m’était passée sous le nez sans que je puisse rien choisir, puisque tout avait déjà été choisit avant même ma naissance par les dieux eux-mêmes. Mon fiancé, Kamon, futur roi, beau, intelligent, polie…charmant en tous points…futur mari, futur destin… Qui aurait pu souhaiter mieux ?


J’eus comme une envie infantile de lever la main comme on le fait à l’école. Doigt levé, signe de la fatalité sur lequel devrait s’écraser les foudres divines. Je devrais avoir honte de ma tristesse. Je serai bientôt reine…même si j’avais continué de traquer les démons, je le serais devenu tôt ou tard…C’était le destin des dorés, mon destin, celui de Kamon… Lorsque le dernier couple de dorés était mort, nous étions nés, presque jumeaux, puisque nés le même jour, à la même heure, mais pas des mêmes parents ni sur le même continent…


A notre naissance, chez nous, tout est déjà prédestiné. Il y a les rois, les guerriers et les citoyens…ainsi que les sauveurs, bien que leur existence n’ait pas été prouvée depuis des millénaires. Tout est déterminé par la couleur : doré, gris ou noir, roux ou enfin blanc… Nous ne choisissons rien, nous sommes condamnés à vivre en esclaves, esclaves de qui ? Des Dieux.



 



             La voix de Phanès me tira bientôt de mes réflexions :



 



-         Il arrivera dans quelques semaines… Il avait hâte de te voir… Cela fait si longtemps qu’il attend…



 



Il tint mon regard sous le feu du sien durant un instant. Ses yeux semblaient empreint d’une incommensurable tristesse. Il caressa ma joue du bout des doigts et soupira :



 



-         Je ne comprends pas… Je ne comprends pas pourquoi ce mariage te désespère autant. Il t’aime, tu sais ? Tu devrais l’aimer aussi, normalement…Vous êtes destinés l’un à l’autre, vous êtes le couple parfait. Tous les autres dorés avant vous s’aimaient passionnément, ainsi, à l’heure de mourir comme à l’heure de vivre, ils naissaient, vivaient et mourraient ensembles…


-         Oui, c’est beau…liés par les chaînes de l’amour…aucune liberté jusqu’au dernier souffle.


-         Téthys !


-         Pardon.


-         …Quand il arrivera…fais au moins semblant de l’aimer, sinon, je sens que son cœur va se briser net. Je dois dire que son amour inconditionnel pour toi est un peu effrayant…Tout cet amour alors qu’il ne te connaît même pas…Je comprends ton point de vue à ce sujet…un peu… En tout cas, ce n’est pas un amour « naturel »…



 



     Seule dans ma chambre, assise devant un miroir, plongée dans l’océan doré des mes yeux, deux tâches scintillantes aux allures de malédiction. Même sans me transformer, je voyais bien qu’il était évident que j’étais une « dorée ».


Bruit de verre cassé. Le miroir en miettes à mes pieds.


La colère montait en moi par vagues successives, de plus en plus forte. Si je restais ici, il ne resterait bientôt plus grand-chose de cette chambre…



 



  La brume s’accrochait aux pans de mon manteau, je la sentais s’attarder près de mes chevilles, cherchant une prise sur ma déplorable personne venue ici en quête de sérénité. Le vent soufflait fort et la mer semblait furieuse dans la nuit, ce qui calma un peu ma propre colère. Assise en chien de fusil face à la mer, j’observais l’écume aller et venir sur le sable humide. Sentir les éléments déchaînés autour de moi m’aida à retrouver un semblant de calme. Le bruit des vagues me berçait, je me laissai alors entraîner…



 




 




 


Chapitre 1: Apparition.

le 25/11/2007 à 10h52

Chapitre 1 : Apparition.



 



Le soleil se lève tandis que je le suis depuis bien longtemps déjà. Un nouveau jour commence, mais pour moi, tout n’est déjà que ténèbres.


Nous venons d’emménager ici, dans cette petite ville nommée Lanester. Une nouvelle maison dans une ville inconnue, un nouveau lycée, de nouveaux inconnus…et puis une nouvelle identité, comme d’habitude… Cette vie est détestable, d’autant plus détestable car elle me rend bien cette aine envers elle.



 



Je regarde l’horloge : 7h50. Je vais peut-être partir pour le lycée.



 



Dehors, il fait froid. L’air glacé de la rue vient me manger les joues et les oreilles. Je pourrais m’habiller plus chaudement, prendre une écharpe des gants et un bonnet, mais c’est ma punition. Je dois sentir ce vent réfrigérant car mon cœur l’est tout autant.


Je suis un monstre et je dois me punir pour ça. Ma famille, mes semblables…ils ne comprennent pas. Je les entends d’ici : « C’est notre mission, tu devrais en être fière ! », « Nous devons sauver le monde », « Nous sommes nés pour ça. »… Nés pour quoi ? Pour ça ?



 



Je regarde la rue dans laquelle je suis. Tout est froid, impersonnel, innaccueillant.


Est-ce seulement moi ou bien n’y a t il  rien d’important en ce monde ? Il n’y a rien à sauver. Les humains détruisent tout, quoi que l’on fasse.


Je me sens si vide…tout comme ce monde sans âme, cette planète errante… Mon existence est-elle utile à ce monde ? Ma vie est-elle nécessaire à tout cela ?



 



Les élèves passent près de moi, tels des fantômes. Ils ne représentent rien pour moi. Qui sont-ils ? Je ne sais pas… Je les vois pour la première fois et eux ne me voient pas. Je ne devrais pas exister- pourquoi me verraient-ils ?



 



Mes pas m’emmènent  devant une salle- B08. Je l’ai trouvée instinctivement, sans avoir besoin de chercher et ne sachant même pas quel cours m’y attend. Quelques personnes sont déjà là. Des gens de ma classe ? Une fille m’accueille en souriant. Je m’assois prudemment loin d’elle en attendant la sonnerie.



 



-         Tu es Téthys ?



 



La voix me parvient de ma gauche. Une fille au sourire timide me regarde. Brune, yeux marrons, habillées simplement… Son sourire a l’air naturel et doux, je décide alors de lui répondre :



 



-         Oui, et toi, tu t’appelles comment ?



 



Mon ton est enjoué et je lui sors mon plus beau sourire postiche. Je me fais l’effet d’une imbécile.



 



-         Sophie.



 



Face à son sourire timide, je ne peux m’empêcher de lui fournir un sourire authentique. L’a-t-elle sentie ? Elle pouffe discrètement.


Le couloir est bientôt bondé. Je n’ai pas entendu la sonnerie. Je suis loin, très loin d’ici.


Mieux vaut ne pas s’attacher à ces lieux, ne pas s’encombrer de sentiments inutiles…bientôt, je partirais pour mener ma mission unique, en tant que fille indigne, c’est la seule que je sois capable d’accomplir.


Je rentre dans la salle, m’installe à une table libre. Une fois la classe installée, le professeur- celui de français ?- me présente aux élèves dont les regards sont rivés vers moi. Certains paraissent curieux, d’autres indifférents. Comme d’habitude.


Le cours commence- c’était bien du français- et mes pensées s’envolent. Dehors, le ciel est bleu, sans nuage. Je plonge dans l’azur en une lente asphyxie.



 



Un bruit. La porte s’ouvre. Tous regardent le nouveau venu. Un retardataire ? Il  s’installe à la table devant moi en soupirant. C’est le premier rang réservé à ceux et celles ayant des pannes de réveil.


Je poursuit ma rêverie un moment avant de sentir les messages d’alerte que me lance mon cerveau depuis que le retardataire a interrompu le cours.


Il a du comprendre lui aussi car je le vois tourner vers moi deux pupilles effrayées avant de se détourner rapidement. Son cœur bat si fort que je n’entends presque plus la rumeur diffuse des élèves qui discutent autour de nous. Mon instinct me hurle de lui sauter dessus et de le tuer. Je rembarre le fameux instinct et mets à sa place la volonté inébranlable que je me suis forgée depuis quelques siècles déjà : ne plus tuer.


CRAC !


Sursaut général. Des yeux cherchent le source du bruit et voient mon crayon gris, cassé en deux, pendant lamentablement entre mes doigts…et ça dit se contrôler !



 



Les lanestériens me prendront pour une dingue pour le reste de mon séjour ici. Ce qui n’est pas plus mal, après réflexion.



 



De ceux qui sursautèrent, le garçon devant moi fut le cas le plus violent. Il décolla littéralement de sa chaise avec grand bruit. Il avait l’excuse d’être la personne la plus proche de moi, mais les autres nous regardaient désormais d’un drôle d’œil, comme s’ils observaient un acte de sorcellerie en direct.


Oubliant le reste du monde, je me fixait sur le prof qui n’avait rien remarqué, bien qu’il demanda plus de cinq fois à la chose tremblante devant moi si elle allait bien- « Ca va Vitra ? Tu es tout pâle… ».



 



Vitra….


Je méditais sur ce nom singulier. Porter un prénom étrange n’était pas évident quand on vivait chez les humains, j’en savais quelque chose.


Je me rappelai soudain la légende indoue selon laquelle Indra, le dieu suprême, tua Vitra, le dragon des eaux, pour libérer la pluie.


Ce garçon ferait-il parti de ce clan Breton dont j’avais déjà entendu parler ? Un clan de la pluie interdit de chasse depuis l’an mille ? Il n’avait donc rien à craindre…bien que les incidents sont vites arrivés.



 



Quand le professeur lui demanda s’il ne voulait pas aller à l’infirmerie, je lui envoyai un message télépathique dont je ne pu enlever toute trace d’ironie :



 



-         Je ne vais pas te manger, tu sais…

 




 



Il tressaillit et le coup d’œil qu’il me lança était cette fois plus intrigué qu’effrayé. Je lui souris.


-         Ah bon ?...

 




 



Je cru percevoir un rire étranglé et tremblotant dans cette réponse. J’eus envie de rire, mais me retint- qu’allaient penser les autres si je riais toute seule ?



 



La journée passa ainsi- étrange. Les cours se succédèrent et à midi, je déjeunai avec la timide Sophie. Je n’envoyai plus d’autre message à Vitra et il fit de même. Si sa présence ne me troublait plus, je le vis couler des regards vers moi chaque fois que j’étais dans son champ de vision. Ma présence était pour lui un grand sujet d’angoisse, sans doute.



 



Je suis de retour chez moi. La maison est vide, aucune trace de ces parents toujours absents. Je monte dans me chambre, m’affale sur le lit.


Un bruit sur la fenêtre, je tourne la tête et regarde les premiers grains s’écraser sur la vitre.


La pluie tombe tristement…la souffrance imprègne chaque goutte et les nuages ne cessent de déverser en torrents leurs larmes.


Cette pluie n’est pas normale. Il a fait beau toute la journée. Et pourquoi la douleur transperce mon cœur à la vue de cette averse ?


Que se passe-t-il ?



 



        Un rêve ? Un ange se penche sur moi et sourit. Ce doit être un rêve car les anges n’existent pas, n’est-ce pas ? L’ange est beau. Ses cheveux bruns et bouclés tombent en cascade sur ses épaules et dans son dos. A la fois proche et lointain (après tout, c’est un rêve), il fit une chose que jamais un ange n’aurait fait à un être abject tel que moi : effleurant ma joue, avec ce doux sourire qu’il conservait depuis qu’il était entré dans mon songe, il embrassa mon front tendrement.



 



Un murmure près de mon oreille. Souffle de vent plus que murmure. Je ne comprends pas.


Proche du réveil, je lutte pour que mon esprit ne s’ouvre pas à la réalité. Quel est le sens de ce rêve ?


Mes paupières frémissent déjà. Je n’abandonne pas ma lutte contre la conscience, mais je sais la bataille perdue d’avance.


Je veux garder cette sensation, celle de cette main rassurante sur mon visage…Un froissement soyeux de cheveux et plus rien. Qui était-ce ?


J’ouvre les yeux sur ma chambre. Je suis dans mon lit, toute habillée, la couverture sur moi. Mes parents ont du rentrer tard et m’ont trouvée endormie, c’est pour cela que je suis couverte.


Dehors, il a cessé de pleuvoir.


Je repense à l’ange de mon rêve. Qui était cet homme ? Le souvenir de son pâle visage s’estompe peu à peu. Avant que mon rêve ne m’échappe, je cherche désespérément dans ma mémoire. Qui est-il ? Il ne me rappelle rien… N’était-il qu’un rêve ? Après tout…les anges…ça n’existe pas, n’est-ce pas ?

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