Rêverie d’un vendredi après-midi.
Il y a un bourdonnement dans la salle. Cette salle, elle est située au troisième étage et les murs sont blancs. En face, sur le mur si blanc, il y a un rectangle blanc bordé de rouge. A gauche, une rangée de fenêtres et derrière, le ciel bleu.
Soudain, un goéland passe. Peut-être va-t-il à la mer…Là-bas, sur la plage de sable fin, sur une côte californienne…Avec les cocotier, les palmiers, les montagnes blanches au loin…Dans cet Océan Pacifique où vivent cachalots, calmars géants et où naviguaient autrefois les magnifiques jonques de Chine…Le goéland a disparu, il ne reste que cet azur parfait que n’affecte aucun nuage. En bas, sur le trottoir, des gens marchent. Ils sont chaudement vêtus : pulls, gants, écharpes, bonnets…Rien ne manque à la panoplie. De petits nuages sortent de leurs bouches et leurs joues sont rouges. Certains frissonnent, éternuent et se mouchent. Il fait froid, c’est l’hiver. Les cieux sont toujours aussi bleus et il fait toujours aussi froid. Les voitures passent inlassablement sur la route. Une grand-mère attend le bus, elle porte un long châle noir, une grande jupe noire et un bonnet tout aussi noir sur ses cheveux blancs. Peut-être est-elle en deuil… Une mouche s’est posée sur la vitre et se déplace lentement à la recherche d’un trou pour sortir. Le bourdonnement dans la salle s’est brusquement tu . Un homme vient d’entrer. Il pose sa sacoche sur le bureau en bois couleur miel. Je soupire. Il est 14h10 et on est vendredi. Demain, c’est le week-end. L’homme commence à parler. Je tiens mon crayon prêt. Le cours commence.
Dépression.
L’homme marchait dans la rue. Il avançait, tête baissée, perdu dans ses pensées. Cet homme avait été licencié quelques jours auparavant et tous les jours depuis, il errait désespérément dans des rues inconnues où il croisait des visages anonymes qu’il ne regardait même pas. Il ne pensait à rien, c'est-à-dire à pas grand-chose. Il se sentait vide. Affreusement vide. Alors il marchait, marchait inlassablement jusqu’à ce que ses pieds douloureux ne puissent plus le porter. La vie était partie sans lui, le laissant loin derrière. Le temps était figé, existait à peine. Plus rien n’avait d’importance.
La seule chose importante est d’avancer, toujours. Rien d’autre ne compte.
Il se répétait cela sans cesse, comme l’on récite une conjuration de mauvais sort. Tout était fade et sans saveur. Il n’y avait que le contact entre le béton et ses pieds. Sa vie se résumait désormais à la rue et à son petit appartement. Il ne voyait plus personne, évitait le plus possible de parler à qui que ce soit. Le monde était sombre et sans joie. Son visage était éteint : ses pattes d’oie formées par ses anciens rires ne se creusaient plus, sa bouche était perpétuellement affaissée…
Il connaissait maintenant chaque rue, chaque place, chaque faubourg… Les personnes s’effaçaient pour laisser place aux lieux. Ses amis ne l’appelaient plus, mais il n’en avait pas vraiment conscience. La coquille vide qu’il était était déconnectée de tout. A la poubelle souvenirs, rire, réalité et espoir… Place aux ténèbres qui obstruent les sens.
Il sombrait dans un doux brouillard oublieux.
La journée, il observait les gains du béton, les pavés lisses et les chaussures innombrables. La nuit, elle, remplissait le vide de ses yeux sans vie qui s’agitaient alors des milles lumières des étoiles.
Cette vie n’avait pas de sens, mais il ne le remarquait pas. Comment l’aurait-il pu, d’ailleurs ? Il ne savait même plus ce qu’il faisait…Il mangeait parfois, comme au travers d’un rêve dont on ne garde trace.
Un jour, il s’arrêta à un bar restaurant. Il ne savait pas trop quand il avait mangé pour la dernière fois, mais son ventre le faisait atrocement souffrir. Sa douleur le fit sortir de sa torpeur et ses pensées devinrent plus claires. Il voulait satisfaire son estomac et retomber dans l’oubli le plus rapidement possible. Il observa le menu et commanda le moins cher des plats qui se présentaient à lui.
Il y avait du monde ce jour là. Toutes les tables étaient occupées. Son plat arriva. Il prit son temps pour manger – sa gorge sèche refusait d’avaler, il lui semblait que la nourriture était de la glaise.
Tellement absorbé qu’il était par son combat pour se nourrir, il ne vit pas l’ombre d’une personne se profiler sur la table.
- S’il-vous plais ? Puis-je m’installer à votre table ? Il n’y a plus de place. C’est vraiment noir de monde aujourd’hui !
Il leva la tête et observa l’homme qui lui parlait. Il était brun, yeux noirs, costume noir et cravate rouge. Un homme d’affaires ? Les paroles de l’homme mirent un certain temps à atteindre son cerveau.
- Euh…je…oui, asseillez-vous.
Sa voix était rauque, il la reconnaissait à peine. Depuis quand n’avait-il pas parlé ?
L’homme s’assit. Il regardait la rue en souriant. Il s’exclama soudain :
- Qu’est-ce qu’il fait beau aujourd’hui ! Vous ne trouvez pas ?
- Euh…je…je ne sais pas…Oui, sans doute.
- Comment vous appelez-vous ?
- Guillaume.
C’était la seule réponse qui était claire dans l’esprit de Guillaume. Quel temps il faisait ? Il ne savait pas. Il sentait désormais le soleil sur sa peau, comme si la remarque de l’homme l’avait soudain révellé. Guillaume décida de se réveiller au moins pour quelques instants. Il ne voulait pas que cet homme se rende compte de son état lamentable.
- Et vous ?
- Je m’appelle Jean-Paul.
Ils se sourirent. Guillaume n’avait pas autant parlé depuis longtemps.
Durant tout le repas, il y eu une conversation animée et, surtout, normale. Guillaume parla même de son licenciement. Il s’en sentit soulagé. Jean-Paul lui donna quelques conseils, l’encouragea et ils finirant même par s’échanger leurs adresses et numéros de téléphone respectifs.
Jean-Paul partit finalement à son travail après avoir arraché à Guillaume la promesse de s’activer. Guillaume, non sans avoir payé sa note, déambula à nouveau dans les rues. Il tiendrait sa promesse. Il n’en pouvait plus de ce mode de vie. Il décida brusquement de s’inscrire dans une agence de travail. Il tourna les talons au beau milieu de la rue, bien déterminé à remonter la pente. Il avait tellement honte de ce qu’il était devenu : une enveloppe vide. Il venait de réaliser que ce n’était pas en marchant dans la ville que sa situation changerait.
Soudain, il entendit un drôle de bruit. Il leva la tête et vit une voiture. Le conducteur avait les traits tordus par une grimace horrifiée. Sa voiture glissait inexorablement vers Guillaume, impuissant au beau milieu de sa route. Il entendait les freins hurler. Les passants avaient un visage où se lisait la même angoisse. Guillaume leva les mains instinctivement et ferma les yeux en l’attente du choc inévitable. Il sentit une douleur fulgurante traverser son corps tout entier, puis tout devint noir.
Il était mort, emportant avec lui son espoir naissant. Les passants s’approchèrent, horrifiés. Et sur le visage de l’homme mort, ils virent son ultime sourire.
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Veritseger
En ce moment, j'écris pas mal de nouvelles, alors je me suis dit: "Autant que quelqu'un les lises." Les voilà!^^ Au fait, ne m'en veuillez pas si je suis un peu dure avec mes personnages.
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Antoine.
7 ans.
Ma vie n’a jamais rien eu de palpitant. Depuis tout petit déjà, je vais à l’école, je rentre manger, j’y retourne puis rentre à nouveau chez moi et le cycle recommence. Je ne me suis distingué des autres d’une quelconque façon. J’ai de bonnes notes, sans plus, je ne suis pas beau mais pas moche non plus, j’ai des amis mais pas tant que ça non plus… J’ai toujours été ainsi : banal. Personne ne s’intéresse à moi et je ne m’intéresse à personne. Ma vie n’a aucun intérêt. Je suis comme ça, je vis ma vie, j’ouvre les yeux, je m’active, je m’endors…Et il n’y a rien d’autre à faire. Je me suis toujours dit que le monde était une machine bien organisée…
Je n’ai aucune raison d’être malheureux et il ne m’arrive jamais d’être triste. D’ailleurs, je ne pleure jamais. Je n’ai aucune raison de pleurer non plus.
Ma mère s’appelle Christine et mon père Georges. Je suis fils unique. Il parait que j’ai de la chance de n’avoir ni frère ni sœur parce qu’ils sont chiants et que les parents s’occupent moins de nous. Papa et Maman m’aiment bien, mais ils ne s’intéressent pas beaucoup à moi…Je ne vois pas trop ce que les autres enfants veulent dire, mais ça ne me regarde pas de toute façon.
Chez moi, je n’ai pas d’animaux. Tout le monde en a, sauf moi. Mais je m’en fiche, je n’ai pas envie d’en avoir. Je me souviens que quand j’étais à la maternelle, il y avait un chat à la maison, mais je ne sais plus très bien pourquoi il n’est plus là…
L’année dernière, j’ai apprit à lire et depuis, je prends un livre partout où je vais. J’aime les livres parce qu’il arrive toujours pleins d’aventures aux héros, alors que moi je ne suis qu’un petit garçon et puis je m’ennuie. La maîtresse m’a dit que j’ai un don pour la lecture, j’étais content. Je l’ai dit à maman, mais je crois qu’elle ne m’a pas écouté…
Depuis quelques temps, je parle à la petite dame qui vole dans ma chambre. Avant, je l’ignorais parce que Maman m’a dit que : « Les fées n’existent pas. ». Mais je ne suis pas d’accord, elle existe puisque je la vois ! Je lui ai demandé son nom, elle s’appelle Aelel. Elle m’a dit qu’elle était heureuse que je la vois parce que les personnes voyant les fées étaient rares. J’étais étonné parce que moi, je suis comme tout le monde.
Hier, j’ai parlé avec le chien de la voisine du dessous pendant que maman discutait. Il est très gentil, mais c’est bizarre, parce que Maman n’a pas l’air d’accord avec moi. Elle m’a grondé très fort et m’a enfermé dans ma chambre en me disant qu’ « on ne parle pas avec les animaux ». Elle doit être jalouse parce qu’il ne lui a jamais adressé la parole.
9 ans.
J’ai demandé à Papa et Maman si on pouvait avoir un chien, mais ils ont refusé catégoriquement. C’est bizarre, mais ils ont eu l’air affolés. Je leur ai demandé pourquoi et ils m’ont répondu que ce n’était pas pratique d’avoir un chien dans un appartement. Ils étaient tellement pâles, je me demande s’ils n’ont pas peur des chiens…
Aelel m’a dit qu’ils avaient peur de moi parce que je parlais aux animaux. Je n’ai pas voulu la croire et on s’est disputé. Elle est partit bouder, mais je sais qu’elle reviendra bientôt parce on ne peut pas se passer l’un de l’autre.
J’aime beaucoup les expressions écrites. J’ai toujours de bonnes notes quand on doit écrire des histoires parce que j’ai beaucoup d’imagination et puis Aelel m’aide.
Hier, Papa et Maman m’ont enfermé dans le placard de ma chambre. Je n’ai pas bien compris, mais je crois que c’est à cause d’Aelel… Ils veulent que j’admette qu’elle n’existe pas. Je préfère rester enfermé que de le dire, surtout que j’ai lu qu’elles mourraient si on le disait.
Ca fait maintenant trois jours que je suis dans le placard. Je le sais parce que j’entends Papa et Maman partir et revenir du travail. Je m’en fiche, de toute façon, Aelel est avec moi !
Maman m’a donné un morceau de brioche avec de la confiture et un verre de lait, mais je ne touche à rien. Déjeuner, pareil. Dîner, pareil. Peut-être que si je ne mange pas, ils me laisseront sortir.
Mon plan a fonctionné, Maman m’a rendu la liberté en soupirant ce matin. Je retourne donc à l’école aujourd’hui. Papa m’a donné un papier pour dire que j’ai eu les « oreillons ». Je ne sais pas ce que c’est… Mais Papa est médecin, alors il sait ce qu’il dit…
J’ai dessiné Aelel sur le mur près de mon lit. C’était drôle parce que Aelel faisait la pose en faisant des grimaces. J’ai bien ris, mais Maman m’a entendu et est venu voir. Elle m’a giflé. Elle tremblait beaucoup après, comme si elle avait peur. Elle m’a ordonné d’aller jouer ailleurs. Quand je suis revenu dans ma chambre, le dessin avait disparu. Maman m’a dit de ne rien dire à Papa, alors je n’ai rien dit et elle non plus.
Karkaf, le chien de la voisine, et moi sommes très amis maintenant. Il m’a dit que nous étions des « intimes ». Je vais toujours le voir en rentrant de l’école. Lui non plus ne voit pas Aelel, mais Miror, qui est le chat de Grand-Ma, la voit très bien. Grand-Ma dit toujours que les chats « voient ce qu’on ne voit pas », elle a bien raison !
11 ans.
Ca fait bientôt un an que je n’ai pas vu mes parents. Maman n’allait pas bien, elle pleurait tout le temps, alors un soir, Papa m’a déposé chez Grand-Ma et il n’est jamais revenu.
Grand-Ma est très contente que je sois là. Elle dit que comme ça, elle n’est pas toute seule. Grand-Ma est très gentille. Elle ne me frappe jamais et elle n’a pas peur d’Aelel. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je crois qu’elle garde un grand secret. Elle a toujours un air mystérieux et me chuchote des mots que je ne comprends pas à l’oreille quand je rentre de l’école.Un jour, je lui ai demandé si c’était de l’allemand et elle a éclaté de rire. Grand-Ma est décidément quelqu’un de bien étrange…
Depuis quelques temps, je fais des rêves bizarres. Je me réveille en hurlant, comme si j’avais vu quelque d’horrible, mais je ne me souviens jamais de ce qu’il s’est passé. Grand-Ma a dit que ça ne devrait plus durer très longtemps. Elle l’a dit sur un air tellement grave, je me demande si elle sait ce qu’il y a dans mes rêves…Peut-être qu’elle aussi à déjà eu des mauvais rêves…
Grand-Ma avait raison : ça n’a pas duré. Mes rêves ont disparus. Je dors mieux, mais j’entends des voix. Elles chuchotent tout près de mon oreille dans une langue chantante, tellement près, que je sens le souffle chaud dans mon cou. Aelel pense que c’est mon imagination qui me joue des tours. Elle sourit tout le temps en ce moment. J’ai l’impression qu’elle me cache quelque chose…
Ca fait maintenant plusieurs mois que j’entends des voix. Je commence à m’y habituer. J’ai remarqué que les voix parlaient dans la même langue que Grand-Ma. Et puis, bizarrement, même si je n’ai jamais appris cette langue, j’en comprends le sens. Pour l’instant, elles me disent juste : « N’ai pas peur ! N’ai pas peur ! Tu n’as rien à craindre, nous te protégeons. » Je n’ai pas peur. Je n’ai jamais eu peur d’ailleurs, je ne comprends pas ce qu’elles veulent dire…
13 ans.
Je suis devant le bureau du directeur. Un élève de ma classe est passé me voir tout à l’heure, il a ricané et m’a dit que j’allais en baver. Je suis là parce qu’un garçon de ma classe est mort ce matin, c’était mon voisin en espagnol. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais à un moment, il s’est levé brusquement, m’a regardé avec un air emprunt d’horreur, son corps a été saisit de convulsions et il s’est affaissé au sol. Tout le monde m’a accusé de lui avoir jeté un sort. Et me voilà, attendant l’heure cruciale, le jugement suprême… J’espère que je pourrais rentrer assez tôt à la maison, sinon Grand-Ma va s’inquiéter. Soudain, la porte s’ouvre et le proviseur apparaît. Il m’observe une seconde avant de m’inviter à entrer dans le bureau. J’entre, m’installe au siège qu’il m’indique et attend. Il me pose quelques questions sur les faits, le visage soucieux et torturé puis me dit de rentrer chez moi.
Alors que je passe la porte du hall d’entrée, j’aperçois un attroupement devant le portail. J’inspire et m’élance dans la cours aussi vite que me le permettent mes grandes enjambées. Je me prépare aux coups, aux insultes…J’arrive à leur niveau et un couloir se forme pour me laisser passer. J’hésite, étonné, puis m’avance. Ils ont tous la tête laissée. Ils me lancent parfois des coups d’œil rapides. C’est vraiment étrange, ils ont peur de moi, moi qui ne suis rien du tout ! Ca me gêne qu’ils se comportent ainsi…Je voudrais être aussi invisible qu’avant…Que rien de tout ceci ne se soit passé…
Je suis soulagé. Ce matin, personne ne m’a prêté d’attention. Plus personne ne s’adresse à moi, en fait. C’est comme s’il ne s’était rien passé…D’ailleurs, mon voisin d’espagnol est de retour, et tant mieux ! On ne pourra plus m’accuser de ce meurtre…Je me demande quand même comment ça se fait qu’il soit en vie, mais bon, ça n’a plus d’importance maintenant…
Je suis encore une fois convoqué, mais par mon professeur principal cette fois et en présence de Grand-Ma . Ca m’agace vraiment cette manie des convocations au collège…Je crois que c’est parce que je m’habille en noir et que je semble étrange que je suis là…Les professeurs pensent que je suis « gothique », que je vais mal, que je veux mourir…Des choses du genre…Je ne sais pas si c’est le cas. Je me sens vide, c’est tout…Alors je m’habille en noir, comme le vide.
L’entretient commence. Je n’écoute que distraitement, ça ne m’intéresse pas ce qu’ils disent…Grand-Ma va arranger ça.
Soudain, un mot frappe mes oreilles : « parents ». J’entends un son strident dans la pièce, comme un bourdonnement assourdit. Je ne sais pas d’où provient ce son…Je ne sais plus très bien pourquoi je suis là, d’ailleurs… Tout devient noir brusquement. Peut-être que de noir de vêtements, j’arrive dans le néant…
14 ans.
15 ans.
16 ans.
17 ans.
18 ans.
19 ans.
Je sens qu’on me tire du liquide dans lequel je suis englué. Je ne veux pas partir, je suis bien ici. Je vois une lumière à la fois proche et lointaine une lumière aveuglante. J’ai mal…Ma poitrine, mes poumons brûlent ! Non ! NON !!!!!!
Je suis dans mon lit…Ca fait quelques jours que je me suis réveillé. Je pensais me trouver dans un hôpital en ouvrant les paupières, mais non…pas du tout. Je ne sais pas où je suis…Ici, c’est…blanc. Il y a d’autres gens…D’autres personnes de mon âge environs. Et puis il y en a qui s’occupent de nous, en fait, on pourrait se croire à l’hôpital, sauf qu’il n’y a pas de murs, il n’y a pas de sol en fait…J’ai peur de tomber dans le vide si je sors de mon lit.
Tout est lumineux, silencieux… Si j’étais croyant, je dirais que c’est le Paradis.
J’interpelle une femme qui s’occupe de nous. On dirait un ange, je suis un peu intimidé.
« S’il-vous plait ? Où sommes-nous ?
- Nous sommes au niveau 525.
- Et…Qu’est-ce que je fais là ?
- On vous soigne avant de vous ramener sur Terre.
- Pourquoi il faut me soigner ?
- Mais, parce que, s’étonne la femme, vous êtes une erreur ! J’en suis désolée, mais vous comprenez, c’est la modernisation…Avec les nouveaux systèmes, les anciens font pleins de fautes de frappe. Votre âme a une énorme quantité de fautes, c’est consternant ! Je n’avais jamais vu ça ! Mais ne vous inquiétez pas, tout ira bien. »
Je hochais la tête, un peu dérouté, un peu perdu. Une « erreur » ? C’est le genre de chose qu’il ne vaut mieux pas apprendre…C’est vexant…Je me sens mal maintenant…C’est la première fois que ça m’arrive…Peut-être que c’est le traitement qui commence à faire son effet…Mais en tout cas, je viens d’apprendre une chose : il y a même une station d’épuration au Paradis !
Fin.
Tandis qu'ils attendaient la nuit, Gabriel semblait bouder, dos à la jeune elfe. Cette dernière était perdue dans la contemplation d'Aezhenn qui discutait avec Taliaë. La petite fée était en effet très belle; ses ailes, qui avaient la forme de celles des papillons, étaient grises parsemées de rayures roses assorties à ses cheveux roses fluo relevés en un chignon dont quelques mèches se détachaient artistement. Elle portait un ensemble gris légèrement plus foncé que ses ailes. Ses grands yeux couleur de cendre lui mangeaient le visage et ses sourcils roses étaient figés dans une expression de souffrance inexplicable.
Eärwen sursauta: Gabriel venait d'apparaître derrière elle et lui avait frôlé le bras d'une de ses mains.
- Elle a l'air triste, n'est-ce pas? lui chuchota-il à l'oreille.
- Oui...Tu as lu dans mes pensées? demanda-t-elle avec un sourire.
- Je n'en ai pas besoin, dit-il encore à son oreille, et puis je n'aurais pas pu...Pas avec toi.
Elle s’éloigna avec un sourire en coin et dit calmement :
- Tu es arrivé si doucement, sans faire de bruit, que je ne t’ai pas entendu…Ca ne m’était pas arrivé depuis bien longtemps…Depuis que j’ai quitté mon monde pour celui des hommes. Pourquoi tu dis que tu n’es pas un elfe, Gabriel ?
Gabriel se contenta d’hausser les épaules et ne répondit pas.
Quand la nuit tomba, les fées ouvrirent la porte du monde des dorés. C’était une porte, comme son nom l’indiquait, de bois ancien avec des gravures tout autour de l’encadrement. Ils la franchirent tous puis elle se referma. Le vent balaya un bois vide…
Le passage par la porte s’était très bien passé. Après être arrivé dans le monde des dorés, ils avaient cherchés un endroit pour dormir car les fées, vidées de leur énergie, devaient se reposer. Même Gabriel s’était assoupie à l’abri du petit bois où ils s’étaient arrêtés une heure plus tôt. Quant à Eärwen, elle montait la garde, assise sur une souche, attentive au moindre bruit. C’est ainsi que Gabriel la vit en se réveillant. Ses longs cheveux sombres comme la nuit dansant dans la brise qui venait de se lever, ses grands yeux bleus perdus dans le vide. Brusquement, la fine silhouette longiligne d’Eärwen pivota vers lui. Ils s’observèrent en silence.
De la sueur perlait au front de Gabriel : il avait de la fièvre. Eärwen s’en rendit compte et s’approcha donc de lui. Elle posa une de ses longues mains sur la tête de Gabriel qui frissonna ; la main de l’elfe était glaciale. Un pli soucieux était apparut sur le visage de la jeune elfe.
- C’était la première fois que tu passais une porte ? lui demanda-t-elle.
- Oui.
- Alors c’est ton organisme qui n’est pas habitué au changement moléculaire que tu as subit en traversant la porte…C’est une réaction normale, ne t’inquiète pas. La première fois que l’on passe une porte, on est toujours un peu fiévreux.
- Tu as eu ça toi aussi ?
- Oui, il y a très longtemps…Je vais chercher des plantes pour calmer ta fièvre, surveille le camps pendant ce temps là.
Elle disparu alors dans les sous-bois et revint un peu plus tard, sa besace chargée de racines, de fleurs et d’autres choses fort singulières.
- Oui, tu serais d’une aide précieuse, je veux bien, dit la sorcière après un court instant.
- Qui cherches-tu ?
- Un homme, un magicien. J’avais rendez-vous avec lui ici, mais il n’est toujours pas là. Il était au Plessis hier soir.
- Je vais aller là-bas, toi, restes ici.
- Attends ! Quel est ton nom ?
- Je me nomme Taliaë. Et toi sorcière ?
- Je suis Eärwen. Je te remerçis pour ton aide, Taliaë.
- Une elfe ? C’est un honneur que de t’avoir rencontrée ! s’exclama-t-elle joyeusement.
Sur ce, elle s’envola et bientôt, on ne la distingua plus dans le ciel.
La jeune elfe contemplait la voûte d’azur, attendant la petite fée avec impatiente.
Quand elle la vit enfin, celle-ci avait l’air paniquée. Elle se posa dans la main que lui tendait Eärwen et commença à lui expliquer, tout en faisant de grands gestes des bras, qu’une « chose » était apparue la veille au soir dans le parc et que des fées l’avaient vu poursuivre un grand homme brun et l’emporter par une porte des autres mondes. Taliaë, affolée, voletait désormais autour d’Eärwen qui semblait bouleversée.
-Quelle est cette « chose » dont tu parles ?demanda l’elfe.
-Oh, il ne faut pas dire son nom ! Sinon, il l’entend et vient nous dévorer ! Je peux juste te dire qu’il sert un grand maître qui est désespéré et seul dans un château du monde des dorés.
- C’est un elfe doré ? Pourquoi est-il désespéré ?
- Oui, c’est un elfe doré et il est désespéré car la « chose » le tourmente et que, bien qu’il soit un elfe de haut rang, il ne parvient pas à l’empêcher de faire le mal. C’est un seigneur Drow qui le lui a offert. La bête pourrait ressembler à un grand chien noir, mais ses dents sont plus développées, ses yeux sont rouges sang et il a des écailles sur les flans. Il possède aussi certains pouvoirs, par exemple celui d’ouvrir les portes des mondes.
Eärwen partit après avoir remercié la fée. Celle-ci avait refusé de la suivre dans « sa folle aventure » comme elle avait dit car la jeune elfe avait décidé d’aller dans le monde des dorés à la recherche de son compagnon.
Malheureusement, Eärwen devait trouver une fée pour l’accompagner car elle n’avait pas encore le pouvoir d’ouvrir les portes. Il y avait une autre solution : un magicien, mais ils étaient rares dans le monde des hommes et souvent peu enclins à aider les autres. Et puis la jeune elfe ne voulait pas être accompagnée d’un être tel qu’eux.
Elle alla voir de nombreuses fées, mais toutes refusèrent. Elles avaient l’air de s’être passé le mot car Eärwen n’en rencontra même plus au bout d’un moment.
Quelques heures plus tard, alors qu’elle désespérait d’aller sauver son maître, une fée vint la quérir pour rencontrer une personne qui pourrait l’aider. Elle suivit donc la fée qui s’appelait Aezhenn jusqu’à la rue Général de Gaulle, près du Parc du Plessis. Là-bas, à l’entrée, un jeune homme l’attendait. Il était grand, mince, blond, les yeux verts et avec des oreilles légèrement en pointe. Ils se défièrent du regard durant une minute, puis le jeune homme sourit.
- Vous êtes bien telle que votre maître me l’avait dit, dit-il d’un air réjouit.
Eärwen le regardait de haut, elle se méfiait. Connaissait-il réellement son maître ? Il y avait une certaine force en lui, il devait être un de ses semblables. Devait-elle le menacer ou bien sourire ? Elle opta pour la seconde solution. Le sourire de l’autre n’en fut qu’agrandit.
- Vous ne me connaissez pas, ais-je tord ? Je suis de la famille d’Arthur, votre maître. Je me nomme Gabriel. Vous vous appelez bien Catherine ?
- Ici, oui, mais Eärwen est mon véritable prénom, dit-elle avec un haussement d’épaules.
- Allons nous promener, proposa-t-il en la saisissant par le bras qu’il calla sous le siens.
- Lâ-chez-mon-bras, prononça Eärwen en détachant chaque syllabe d’une manière glaciale.
- Tout le monde nous observe, il vaut mieux être discret, répliqua-t-il.
- Il est possible d’être discret sans que vous me teniez le bras, chuchota-t-elle.
Il la lâcha donc et ils purent continuer de marcher sans avoir besoin de se disputer. Il allait parler quand Eärwen mit un doigt sur ses lèvres, lui imposant le silence. Elle s’approcha lentement d’un jeune érable non loin de là, soudain, elle rit d’une manière si troublante, si envoûtante que toutes les personnes présentes la regardèrent d’un air béa. Elle se rendit compte de son effet et attendit que tous reprirent leurs activités pour dire à Gabriel de s’avancer. Elle chuchota à l’arbre :
- Taliaë, descends !
Une jolie fée se posa donc sur le poignet de la jeune elfe en poussant un soupir. Mais elle eut un rire cristallin en voyant la joie de la jeune femme.
- Pourquoi me sui-tu puisque tu ne veux pas m’accompagner ?demanda Eärwen.
- Qui a dit que je ne voulais pas ? dit la petite fée en souriant de toutes ses dents.
- Toi-même.
- Moi ? Sûrement pas ! Tu t’es trompée de personne, très chère Eärwen, dit-elle d’un ton malicieux.
Elle s’envola alors pour se poser sur l’épaule de la jeune elfe.
- Et nous alors ? s’exclama Gabriel en se désignant lui et sa fée.
- Et bien venez avec nous ! proposa Taliaë. Je serais heureuse d’être avec une autre fée, car une elfe pour seule compagnie, c’est un peu…Pourquoi tu me regardes ainsi Eärwen ?demanda-t-elle après avoir reçu un regard noir de sa part. C’est juste que vous n’êtes pas très loquace, vous les elfes !
- Tu es donc réellement une elfe ?s’exclama Gabriel.
- Oui…Tu voyageras donc avec l’un de tes semblables Gabriel ! Ca ne doit pas t’arriver souvent dans ce monde, n’est-ce pas ?répondit Eärwen.
- Quoi ? Mais je ne suis pas un elfe ! Je suis humain !
- Tu es un elfe ! Ou alors tu y ressembles grandement ! Ton apparence a tout de commun aux elfes et ta force intérieure en témoigne !
- Ce n’est pas vrai ! C’est impossible ! cria-til.
- Chut, parles moins fort !chuchota-t-elle. Pourquoi est-ce impossible ?
- Ma mère est une humaine !cria-t-il encore.
- D’accord, d’accord…Ce n’est pas grave…Tu aurais donc honte d’être un elfe ?
- Mais…Mais non ! Mais je ne suis pas un…elfe.
- Si tu le dis…Tu n’as jamais fait des choses que les humains ne pouvait pas faire ? demanda-t-elle avec un sourire.
- …Je, euh…Si…Enfin, je veux dire, non ! Tu essayes de m’embrouiller !
- C’est bon, laissons tomber.
Il était tard, la nuit était déjà tombée sur Lanester, une ville située en Bretagne, dans le département du Morbihan. La lune et les étoiles brillaient doucement, répandant leur lumière sur la ville endormie. Endormie ? Pas tout à fait : dans le Parc du Plessis, un homme courrait à en perdre haleine. Il se retournait parfois, cherchant quelque chose d’invisible derrière lui. Bizarrement, des feuilles sèches s’envolaient sur son côté droit, quelques arbres plus loin.
Soudain, une racine traîtresse le fit tomber. Dans ses yeux se lissait une peur et un désespoir sans nom. Il hurla quand une chose invisible lui sauta dessus, le clouant au sol, puis sa tête retomba : on l’avait assommé. Dans le silence glacial de la nuit, on entendit un grognement satisfait et des bruits de pas, puis le corps fut traîné à l’abris des arbres, dans l’ombre. Il y eut un craquement sonore accompagné d’une lumière blafarde, puis, plus rien.
Le lendemain, quand tous les êtres vivants se réveillèrent, il y avait du brouillard et du verglas ; la rosée matinale avait déjà gelée. Les gens partaient au travail, laissant sur leur passage de petits nuages blancs qui s’échappaient de leurs bouches. Les parents accompagnaient leurs enfants à l’école, ces derniers étaient emmitouflés dans de grosse doudounes et portant au grand complet des gants, des bonnets et des écharpes. Les voitures démarraient avec difficulté à cause du froid et leurs conducteurs roulaient prudemment.
Près de l’hôtel de ville, une femme semblait inquiète. Elle faisait les cent pas et regardait souvent sa montre. La rue aux alentours était agitée car les employés de la mairie arrivaient. La femme guettait chaque visage avec espoir sans trouver celui qu’elle cherchait. Elle était désormais si nerveuse que ses mains tremblaient. Pour empêcher leur tremblement, elle s’accrocha au mur qui bordait l’étang et observa les canards qui barbotaient tranquillement dans l’eau. Les minutes succédaient aux minutes sur le cadran de la montre qu’elle portait. Cela faisait désormais plus d’une heure qu’elle était là.
- Ce n’est pas possible…Il a du lui arriver quelque chose, murmura la jeune femme en regardant une fois encore sa montre.
- Veux-tu que je t’aide, jeune sorcière ? demanda une voix au-dessus d’elle.
L’interpellée les yeux et vit une fée, assise dans un arbre. Elle était très belle avec sa crinière de cheveux roux et ses ailes vertes semblables à des feuilles. Elle portait une robe courte d’une belle couleur vert pâle et de petits bracelets argentés à ses chevilles. Les fées avaient toujours un camouflage exceptionnel qui les faisait ressembler à des insectes ou à des plantes aux yeux de tous, sauf à ceux des êtres magiques. La femme, qui était en effet une sorcière, pouvait donc la voir.
Pour le tout premier article de cette rubrique, je vais vous expliquer ce que je vais y mettre. Evidemment, c'est des histoires que j'ai écrit de style fantastique et historique.Veuillez me pardonner mes fautes et ma mauvaise expression écrite, je suis jeune et encore innexpérimentée.
Bonne lecture!
*"Veritseger"*
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