Enfants du monde, enfants de rien,
Enfants des rues, enfants perdus...
Enfants de la peur, enfants battus...
Enfance volée des pauvres gamins,
Venez, quelqu'un bientôt
Pour vous prendre dans ses bras.
*
Enfants, donnez-moi tout,
Enfants, délivrez-vous du mal-
Enfants à l'avenir conjectural,
Enfance essoufflée, à bout-
Venez, livrez-moi vos souvenirs,
Je porterai la souffrance pour vos sourires.
*
Enfants, sourirez; enfants, riez.
Enfants orphelins, enfants soldats,
Enfants morts, enfants aux abois,
Fantômes silencieux et attristés,
Posez votre rancoeur sur mon dos,
Souriez, quant à moi, je pleurerai tout bas...
Du fin fond des abysses,
Du fin fond de tes yeux,
La Lune des oublieux
Luit sur le sable et crisse
Dans la mémoire de l'enfant
Qui l'a pour unique maman.
*
Depuis ce monde sans amour,
Depuis l'heure qui s'égare,
La pendule achève son tour:
Il est huit heure et quart.
L'enfant regarde l'aiguille-
Sur sa chaise, il oscille.
*
Où es-tu aujourd'hui,
Où seras-tu demain?
Le futur nous prend dans ses mains
-Avec lui, oublions la faim.
Dehors, l'enfant a peur
- Qu'aura-t-il à quatre heures?
*
Dans un endroit lointain,
Dans un endroit effrayant,
Personne- tous au loin.
Course- plus beaucoup de temps.
L'enfant sort dans la neige-
Au sol, son chien a désormais un sourire éternel.
Sphinx.
*
Ils la trouvèrent, le crâne à demi défoncé,
tenant dans sa main roide un revolver brûlant.
Les badauds s'étonnaient. - Et l'ambulance
l'emporta vers l'hôpital jaune.
*
Une seule fois s'ouvrit sa paupière...
Nulle lettre, nul nom,- seuls une robe, un châle;
puis vint le médecin, questionnant à voix basse,-
puis le prètre. - Elle resta muette et livide.
*
Pourtant, tard dans la nuit, elle voulut parler,
avouer... Personne dans la salle ne l'entendit.
Un râle. - Et on l'emporta,
elle et sa souffrance. -
Et dehors nulle tombe.
"Hedda. - Du courage, oui! Si seulement on en avait.
Lövborg. - Que voulez-vous dire?
Hedda. - Alors, on pourrait peut-être vivre sa vie quand même. (...)"
extrait d'Hedda Gabler d'Ibsen, acte II.
> Pour nous, un poète est un monsieur qui s'efforce de saisir l'eau par poignées. C'est seulement quand il y parvient que le monsieur est un poète.
[Henri Jeanson]
**
> Le poète meurt de l'inspiration comme le vieillard de la vieillesse. La mort est au poète ce que le point final est au manuscrit.
[René Char]
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> Le "Qu'est-ce que ça veut dire ?" est le reproche qu'on fait au poète qui n'a pas su vous émouvoir.
[Max Jacob]
(trouvées sur evene.fr)
Douleur au coeur, poids dans l'estomac
-Les larmes me piquent les yeux.
Injustice: j'ai mal "là".
Que lui ai-je fait, le malheureux?
La violence s'ammorce- le poing part.
La voix monte- les cris sont stridents.
Derrière, attention! Trop tard...
Hurlement tû, mots impuissants-
Souffrance dans le secret de la nuit,
La rancoeur gardée est soudain sortie.
Qui le voit, désespéré, qui le voit, lui?
Les étoiles vacillent elles aussi.
Petite fille à la lampe de chevet,
Petite fille inquiète, désolée (?),
Qui donc le savait?
- La vie est un fruit déjà volé.
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